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Impact des routes sur la dynamique de colonisation et d’extinction d’amphibiens en milieux humides

Girard-Robert, Mathilde (2016). Impact des routes sur la dynamique de colonisation et d’extinction d’amphibiens en milieux humides. Mémoire. Rouyn-Noranda, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Biologie, 100 p.

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Résumé

Le taux actuel d’extinction des espèces alarme de nombreux chercheurs à travers le monde. La fragmentation et la détérioration des habitats constituent la menace la plus importante à la biodiversité. Par ailleurs, le groupe des amphibiens subit, depuis quelques décennies, un impressionnant déclin : une espèce sur trois serait menacée dans le monde ou en voie de le devenir. L’échange d’individus entre les populations locales est particulièrement important pour la viabilité de ce groupe d'animaux. La fragmentation et la détérioration des territoires, suite à l’implantation de routes, semblent constituer un problème sérieux. Toutefois, le manque d’informations quantitatives quant à l’impact réel des routes sur la dynamique des populations de ces espèces est criant. Nous avons étudié l’impact des routes sur la dynamique de colonisation et d’extinction d’amphibiens en milieux humides dans deux régions du Québec. Pour chaque aire d’étude, nous avons établi 54 sites dans un rayon de 50 km autour du Parc national de Plaisance, en Outaouais, ainsi que du Parc national d’Aiguebelle en Abitibi-Témiscamingue. Ces sites ont été sélectionnés à partir d’un gradient de distances à la route (< 50 m, 50-100 m, > 100 m) ainsi que du type de route (non asphaltée, secondaire asphaltée, principale asphaltée), afin de remplir équitablement les 9 combinaisons possibles. La détection de trois espèces d’anoures (Grenouille verte (Lithobates clamitans), Grenouille du Nord (Lithobates septentrionalis), et Rainette crucifère (Pseudacris crucifer)) a été effectuée lors de stations d’écoute, à raison de 3 ou 4 visites par saisons d’échantillonnage, et ce, de 2012 à 2014. Nous avons émis l’hypothèse que la quantité de couvert forestier dans un rayon de 500 m permet de mitiger les effets négatifs des routes. Pour ce faire, nous avons considéré des interactions entre le couvert forestier et la distance du milieu humide à la route (couvert x distance) ou le type de routes (couvert x type de route). Des facteurs pouvant influencer l’occurrence initiale des espèces tels que le pH, la conductivité et la taille du site ont également été pris en compte. De plus, certains facteurs liés à la probabilité de détection imparfaite tels que les facteurs météorologiques, le passage d’automobiles et le nombre de jours écoulés depuis la fonte des neiges ont été considérés. Des variables concernant le paysage – dans un rayon de 500m autour des sites – telles que la quantité de routes et la quantité de milieux humides furent ajoutés aux modèles. Nous avons analysé les données à l’aide de modèles d’occupation dynamique. Les résultats indiquent que, pour la Grenouille verte, la probabilité d’extinction diminue avec le pH du milieu humide et augmente avec la proportion de résineux dans le couvert forestier. La probabilité de détection augmente avec le nombre de jours écoulés depuis la fonte des neiges. Pour la Grenouille du Nord, la probabilité de colonisation augmente avec la taille du milieu humide. Pour la Rainette crucifère, l'effet de la distance à la route sur la probabilité d’occurrence dépend du couvert forestier (interaction couvert x distance), mais diffère selon le type d’essence. Pour la distance de 50 m à une route, la probabilité d’occurrence diminue avec le couvert forestier de type mixte alors que pour des distances de 100 et 150 m à une route, la probabilité d’occurrence augmente avec le couvert forestier de type mixte. Pour la distance de 50 m à une route, la probabilité d’occurrence augmente avec le couvert forestier de type feuillu alors que pour des distances de 100 et 150 m à une route, la probabilité d’occurrence diminue avec le couvert forestier de type feuillu. De plus, la probabilité de détection de la Rainette crucifère diminue avec le nombre de jours écoulés depuis la fonte des neiges. Les différences de résultats observées entres les espèces à l’étude peuvent s’expliquer par la variabilité intrinsèque, notamment en ce concerne la préférence d’habitat et le moment de reproduction. Les résultats obtenus n’ont pas révélés d’effet des routes sur la dynamique de colonisation et d’extinction des amphibiens en milieux humides. Néanmoins, nous croyons que la poursuite de ce projet à long terme permettrait d’affiner les résultats obtenus, considérant par ailleurs, l’expansion toujours grandissante des réseaux routiers dans les aires à l’étude.

Type de document: Thèse (Mémoire)
Directeur de mémoire/thèse: Mazerolle, Marc J.
Co-directeurs de mémoire/thèse: Imbeau, Louis
Mots-clés libres: amphibiens, milieux humides, routes, extinction, colonisation, couvert forestier, occupation
Divisions: Sciences appliquées > Maîtrise en biologie
Date de dépôt: 07 juin 2017 13:38
Dernière modification: 07 juin 2017 13:38
URI: http://depositum.uqat.ca/id/eprint/706

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