DEPOSITUM Le dépôt institutionnel
RECHERCHER

Accroître la capacité des peuples autochtones à participer à la recherche et à en bénéficier

Téléchargements

Téléchargements par mois depuis la dernière année

Plus de statistiques...

Asselin, Hugo et Basile, Suzy et Lévesque, François et Nadon Legault, Èva-Marie (2017). Accroître la capacité des peuples autochtones à participer à la recherche et à en bénéficier. Rapport. Rouyn-Noranda, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, École d'études autochtones, 30 p.

[img]
Prévisualisation
PDF
Télécharger (2MB) | Prévisualisation

Résumé

Résumé synthèse Au Canada comme ailleurs dans le monde, les Autochtones ont longtemps été exclus de la recherche, sauf en tant que « sujets ». Toutefois, les mentalités et les façons de faire évoluent, si bien que la recherche se fait de plus en plus « avec » et même « par » les Autochtones. Depuis les années 1990, des voix autochtones se sont élevées pour dénoncer les mauvaises pratiques de recherche et pour appeler à une décolonisation de la recherche. Cette prise de position a mené à l'élaboration de principes d'éthique de la recherche avec les peuples autochtones qui ont été adoptés par les principaux organismes subventionnaires. Les principes d'éthique de la recherche avec les peuples autochtones sont généralement bien compris des chercheurs, mais leur application concrète sur le terrain reste problématique. De ce fait, les Autochtones participent encore peu à la recherche et cette dernière ne leur bénéficie pas toujours. Cette synthèse des connaissances répertorie les bonnes pratiques en matière d'éthique de la recherche avec les peuples autochtones en s'appuyant sur la littérature scientifique et sur les publications issues des communautés et organisations autochtones. L'objectif général est donc d'identifier des moyens concrets et efficaces pour accroître la participation des Autochtones à la recherche et, surtout, les bénéfices qu'ils en tirent. Plus spécifiquement, cette synthèse vise à répondre aux objectifs suivants : 1. Inventorier les stratégies et les pratiques actuellement m1ses en œuvre dans le milieu universitaire, dans les organisations autochtones et dans les organismes subventionnaires pour accroître la participation des Autochtones à la recherche et les bénéfices qu'ils en tirent. 2. Recenser les études publiées au cours des 10 dernières années sur les pratiques qui visent à accroître la participation des Autochtones à la recherche et les bénéfices qu'ils en tirent. 3. Évaluer les pratiques recensées pour identifier les plus efficaces selon les contextes. Trois sources de données ont été utilisées pour faire la recension des bonnes pratiques en matière d'éthique de la recherche avec les peuples autochtones. D'abord, un comité consultatif autochtone a aidé à identifier et contacter les représentants d'organisations autochtones impliquées en recherche afin d'obtenir leur point de vue sur les bonnes pratiques à adopter. Ensuite, le comité consultatif et les répondants au sondage ont identifié des protocoles d'éthique et de méthodologie de la recherche avec les peuples autochtones. Finalement, une recherche documentaire a été faite à l'aide du moteur de recherche Google Scholar et de diverses combinaisons des trois groupes de mots clés suivants (en anglais et en français) : Native* OR Indigenous OR "First Nation*" OR "American Indian*" OR Aboriginal* OR Amerindian* Research Benefit* OR Advantage* OR Participat* OR Collaborati* OR Cooperati* OR Control OR Partnership OR Involvement OR Engagement Une analyse thématique du sondage et de la documentation a été réalisée pour faire ressortir des façons concrètes et efficaces d'augmenter la participation des Autochtones en recherche et les bénéfices qu'ils en tirent. Les 23 représentants d'organisations autochtones qui ont répondu au sondage sur les bonnes pratiques en matière de recherche avec les peuples autochtones ont permis d'identifier 16 protocoles et la revue de littérature a en outre permis de recenser plus d'une centaine de textes. Les réponses au sondage, les protocoles et les textes issus de la recherche documentaire convergeaient vers un certain nombre de bonnes pratiques, présentées ici selon les étapes de déroulement d'un projet de recherche. En amont d'un projet de recherche, il faut se donner le temps d'établir une relation de confiance, notamment en participant à différentes activités organisées par les organisations et communautés autochtones et en invitant des Autochtones aux activités organisées à l'université. Il faut travailler de concert avec les organisations et communautés autochtones pour identifier les besoins en matière de recherche et pour s'assurer que le projet envisagé n'a pas déjà été réalisé. Les chercheurs doivent « faire leurs devoirs » et s'informer du fonctionnement de la communauté ou de l'organisation, de ses objectifs, des savoirs traditionnels et des enjeux et défis propres au contexte. Au moment d'entreprendre un projet de recherche, il faut avoir reçu l'aval de l'organisation qui supervise la recherche dans la communauté ou l'organisation autochtone (conseil de bande, département, institut de recherche, etc.). Il faut également déterminer si le projet pourrait avoir des répercussions sur une autre organisation ou communauté et prendre les mesures appropriées. Le projet doit recevoir l'aval du comité d'éthique de l'université et, le cas échéant, de celui de l'organisation ou de la communauté autochtone partenaire. Dans cette optique, il faut viser à maximiser les bénéfices et minimiser les inconvénients de la recherche. Il est important de travailler en collaboration afin d'élaborer les objectifs, le protocole de recherche et les outils de collecte de données. Il faut convenir d'une entente de collaboration spécifiant les droits et responsabilités de chacun. Durant le projet, il faut obtenir le consentement libre, préalable, éclairé et continu des participants. Il faut établir des règles claires de gouvernance du projet et maintenir une communication ouverte, transparente et continue avec les partenaires autochtones. La mise sur pied d'un comité de suivi permet une gestion adaptative du projet. L'embauche de membres de la communauté -comme collaborateurs, cochercheurs ou mentors -permet d'aider à la logistique et aux contacts tout en favorisant le développement des capacités. L'implication doit se faire à toutes les étapes du projet (définition des objectifs et de la méthodologie; collecte, analyse et interprétation des données; communication et mise en œuvre des résultats). Il revient aux partenaires de définir le niveau d'implication qu'ils souhaitent consacrer au projet. Les chercheurs doivent reconnaître les savoirs et l'expertise autochtones et faire preuve de sensibilité culturelle tout en tenant compte du caractère unique de chaque organisation ou communauté. Il faut établir des relations respectueuses et travailler dans une dynamique de réciprocité, notamment par le partage des données et des ressources et par l'acceptation des façons de faire. La flexibilité est primordiale afin de respecter les processus locaux, l'emploi du temps, les façons de faire et les besoins des participants. La collecte de données doit se faire à un moment et dans un contexte propice au partage des connaissances et au respect de la confidentialité. Il convient d'impliquer une variété de groupes dans les communautés et organisations afin que personne ne soit tenu à l'écart en raison de l'âge, du genre, du lieu de résidence, etc. Les principes PCAP® de propriété, contrôle, accès et possession des données doivent être respectés. À la fin du projet, il faut valider les résultats et leur interprétation avec la communauté ou l'organisation autochtone impliquée, et ce, avant leur publication. Les résultats doivent être transférés à la communauté ou à l'organisation dans un format utile, dans une langue et un langage compréhensibles. Après le projet, il est important de donner le crédit aux personnes qui ont participé au projet et qui ont partagé leurs savoirs. Au-delà de la publication des résultats, il faut s'assurer de leur mise en œuvre concrète en développant les outils et en offrant du soutien à la communauté ou à l'organisation autochtone partenaire. La relation de confiance doit se maintenir et les chercheurs doivent soutenir et offrir leur expertise aux partenaires autochtones qui souhaitent développer leurs propres projets de recherche.

Type de document: Thèse (Rapport)
Directeur de mémoire/thèse: Asselin, Hugo
Mots-clés libres: éthique; recherche; Autochtone
Divisions: Sciences humaines > Maîtrise en sciences humaines et sociales
Date de dépôt: 25 avr. 2018 15:10
Dernière modification: 25 avr. 2018 15:14
URI: http://depositum.uqat.ca/id/eprint/751

Actions (Identification requise)

Dernière vérification avant le dépôt Dernière vérification avant le dépôt