Drapeau, Louis-Joseph (2026). Gouvernance conjointe du territoire entre Autochtones et Allochtones : comparaison entre les cas novateurs du Gouvernement régional d'Eeyou Istchee Baie-James (Canada) et du Finnmark Estate (Norvège) / Shared governance of the land between Indigenous and non-Indigenous peoples: Comparing the groundbreaking cases of the Eeyou Istchee James Bay Regional Government (Canada) and the Finnmark Estate (Norway). (Mémoire de maîtrise). Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. Depositum. https://depositum.uqat.ca/id/eprint/1810
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Résumé
RÉSUMÉ
Le partage du territoire et des ressources est un enjeu central des relations entre les Peuples Autochtones et allochtones. Au Canada comme en Norvège, la colonisation et l’exploitation des ressources ont conduit à la dépossession territoriale des Peuples Autochtones. Cette colonisation se poursuit aujourd’hui avec l’intensification des projets de développement et d’extraction, souvent sans consultation appropriée ni prise en compte des connaissances, des préoccupations et des intérêts des Peuples Autochtones. Parallèlement, les dernières décennies ont été marquées par l’augmentation des revendications et des mobilisations autochtones, remettant en cause les monopoles des États sur les territoires et les ressources. Depuis les années 1970, les relations renouvelées entre l’État et les Autochtones ont conduit à l'émergence d’espaces de gestion collaborative du territoire et des ressources. Ces espaces permettent notamment aux Peuples Autochtones de retrouver un pouvoir de participation dans la gestion de leurs territoires ancestraux.
Ce mémoire examine les cas uniques du Gouvernement régional d’Eeyou Istchee Baie-James (GREIBJ) et du Finnmark Estate (FeFo), deux institutions de gouvernance conjointe régionale qui gèrent respectivement les régions d’Eeyou Istchee Baie-James (nord du Québec, Canada) et du Finnmark (comté le plus septentrional de la Norvège). En se basant sur leurs contextes et leurs caractéristiques similaires, ce mémoire explore plus particulièrement l’expérience du GREIBJ et du FeFo en matière de gestion du territoire et des ressources, en mettant l’accent sur les relations entre les acteurs et sur l’influence autochtone dans la prise de décisions. Il est aussi question de déterminer si les deux cas peuvent tirer des enseignements l’un de l’autre et s’ils peuvent servir de modèles pour d’autres contextes similaires.
Des résultats mitigés concernant la gestion partagée du territoire et des ressources ressortent de cette recherche. D’une part, les tables locales chargées de la gestion du territoire et des ressources, gérées par le GREIBJ, sont devenues des forums importants pour rassembler les parties prenantes régionales et les utilisateurs du territoire, ainsi que faire valoir les préoccupations et les intérêts des participants autochtones. D’autre part, le comité ayant la responsabilité principale de la planification territoriale est resté relativement inactif et n’a pas été en mesure, jusqu’à présent, de remplir son mandat. Pour le FeFo, le manque de données sur le fonctionnement de l’institution, sa tendance naturelle à privilégier le développement plutôt que la protection du territoire et l’influence limitée des intérêts « traditionnels » des Sámi, ont participé à créer des tensions avec d’autres acteurs institutionnels Sámi.
Enfin, ce mémoire pose les bases pour davantage de travaux empiriques sur le GREIBJ et le FeFo. Des concepts peu mobilisés dans la littérature sont utilisés dans ce mémoire pour définir, expliquer et analyser les nouvelles configurations de gouvernance partagée du territoire entre Autochtones et allochtones. Ces concepts permettent de mieux saisir les particularités de ces institutions émergentes qui favorisent l’agentivité des Peuples Autochtones et qui bouleversent les paysages politiques du Canada et de la Norvège.
ABSTRACT
The sharing of the land and resources is a core issue between Indigenous and non-Indigenous Peoples. In both Canada and Norway, colonization and resource development led to the territorial dispossession of Indigenous Peoples. Colonization remains ongoing with the intensification of development and extractive projects on Indigenous lands, often without appropriate consultation and inclusion of Indigenous knowledge, concerns and interests. Concurrently, the past decades have witnessed growing Indigenous claims and mobilizations, questioning the States’ stranglehold on land and resources. Since the 1970s, the renewed relations between the States and Indigenous Peoples led to the emergence of joint spaces of land management, which re-empowered Indigenous Peoples in the management of their traditional lands.
This thesis aimed to look at two unique forms of regional collaborative governance, the Eeyou Istchee James Bay Regional Government (EIJBRG) and the Finnmark Estate (FeFo), which respectively manage the regions of Eeyou Istchee James Bay (northern Québec, Canada) and Finnmark (Norway’s northernmost county). Based on their similar background and characteristics, this thesis explores the experience of the EIJBRG and FeFo with the management of land and resources, focusing on the relations between actors and on the Indigenous influence on decision-making. It also evaluates whether both cases can draw lessons from each other and whether they can serve as models for other similar settings.
This thesis shows mixed results regarding the shared management of land and resources. On the one hand, the local panels for land and resources management, overseen by the EIJBRG, became important forums to gather the regional stakeholders and land users and forward the concerns and interests of the Indigenous participants. On the other hand, the main committee tasked with land use planning has been dormant and unable to carry its mandate thus far. For the FeFo, the lack of data on the operations of the institution, its natural incline towards development over land protection, and the limited influence from a traditional-based Sámi perspective, have drawn tensions with other Sámi actors.
This thesis draws the contours for future empirical research on the EIJBRG and FeFo. Through both study cases, this thesis mobilizes concepts that have not been extensively used yet to define, explain and analyze the new configurations of shared governance of the land between Indigenous and non-Indigenous Peoples. These concepts allow to better understand the unique features of these institutions which disrupt the political landscapes of Canada and Norway and empower Indigenous Peoples.
| Type de document: | Thèse ou mémoires (Mémoire de maîtrise) |
|---|---|
| Directeur ou directrice de recherche: | Asselin, Hugo |
| Codirecteurs de mémoire/thèse: | Wilson, Gary N. |
| Informations complémentaires: | Maîtrise sur mesure en gouvernance Autochtones-Allochtones |
| Mots-clés libres: | Peuples Autochtones; relations Autochtones-Allochtones; Eeyou Istchee Baie-James; Finnmark; gouvernance partagée; cogestion; gouvernance multi-niveaux; relations interculturelles; Indigenous Peoples; Indigenous – non-Indigenous relations; Eeyou Istchee James Bay; shared governance; co-management; multilevel governance; intercultural relations |
| Divisions: | Études autochtones > Maîtrise sur mesure |
| Date de dépôt: | 14 mai 2026 17:32 |
| Dernière modification: | 14 mai 2026 17:32 |
| URI: | https://depositum.uqat.ca/id/eprint/1810 |
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